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Découvrez le Cinéma de Serge Gainsbourg !

Un autoportrait insolite entre inédits et standards

Publication phare de la collection Ecoutez le cinéma ! en 2001 le long-box Le Cinéma de Serge Gainsbourg trouve une nouvelle jeunesse avec ce nouveau coffret : une déclinaison revue, augmentée et enrichie de deux CDs additionnels.

Plus complet, plus précis, il  offre un panorama élargi, renouvelé des rapports entre Gainsbourg et l'écriture pour le cinéma. Intégrant notamment des extraits de bandes masters fraîchement exhumées : Manon 70Le Jardinier d'Argenteuil, Le PachaL'Une et l'autre, Les Chemins de Katmandou, La Horse, Slogan… et même Equateur et Mode en France, spécialement remixées pour l'occasion. 

Plongez avec délectation dans ce nouveau Cinéma de Serge Gainsbourg !
6h de musique et une évidence : le grand Serge était aussi un compositeur pour l'image.

En savoir plus :

Stephane Lerouge devoile le contenu inedit du Cinema de Serge Gainsbourg sur FunkU : Lire l'article
Le Cinema de Serge Gainsbourg le tracklisting detaille sur FunkU : Lire l'article

Coffret - Le cinéma de gainsbourg

Bertrand Blier

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C’était en 1967. Je tournais mon premier film de fiction, Si j’étais un espion. A l’époque, pour un jeune metteur en scène, il était de bon ton de démarrer avec un film policier. Et j’ai oublié quel cheminement précis m’a amené à Gainsbourg. Il était alors un chanteur connu, pas une star. On a travaillé à la table de montage, de manière très classique. Quelques jours plus tard, je lui rendais visite à la Cité des Arts, où il a créché pendant plusieurs mois, dans un petit studio encombré d’un piano à queue. C’est curieux, je sentais Gainsbourg tenaillé par l’idée de la réussite. Il savait que des projets extraordinaires l’attendaient, que la reconnaissance allait bientôt se ramener. Et là, dans son studio d’étudiant attardé, il rongeait son frein. Je le revois s’exclamant  : «Quand j’aurai du pognon, j’habiterai là  !» Et il pointe du doigt la rive gauche. Moi  : «Là où ?» Lui  : «Rue de Verneuil  !» Ca m’a fait marrer… surtout a posteriori. Serge était ainsi  : extrêmement conscient de ses possibilités, de ce qu’il avait à exprimer. Je me souviens bien du générique de Si j'étais un espion, une ballade inquiète et nonchalante, dans un esprit un peu james bondien. Ce sont mes seuls souvenirs musicaux de Si j’étais un espion, que je n’ai pas revu depuis des lustres. A tout prendre d’ailleurs, je préfère la musique au film.

Si j’étais un espion n’a pas marché et, pendant cinq ans, j’ai galéré. J’enchaînais projets foireux, scénarios mis en scène par d’autres et enfin Les Valseuses, le roman d’abord, le film dans la foulée. Evidemment, je propose à Gainsbourg d’en composer la musique. Il voit une copie de travail. Je lui demande d’utiliser en soliste le violon de Stéphane Grappelli, dont les albums m’avaient accompagné pendant l’écriture de l’adaptation. Et là, refus catégorique : «Non, Bertrand, je ne travaillerai pas sur ce film…» En fait, ça devait le gonfler d’employer un interprète issu du passé. Serge vivait trop dans le présent ou le futur pour accepter ce type de contrainte. Ou alors, ça l’a agacé de me voir débouler sur son terrain de jeu, la provocation… Je n’en sais rien, on n’en a jamais reparlé. Au même moment, il a également envoyé bouler Just Jaeckin qui lui proposait la musique d’Emmanuelle. Après coup, il l'a eu mauvaise... Je ne lui en ai pas voulu. La preuve  : treize ans plus tard, j’ai repensé à lui pour Tenue de soirée. Cette fois, j’ai décidé de le cueillir très en amont, plusieurs mois avant le premier tour de manivelle. Dès la lecture du scénario, il a accepté aussi vite qu’il avait refusé  Les Valseuses. Et pourtant, l’histoire était tout aussi triviale… sinon plus perverse. On peut voir aussi Tenue de soirée comme un pendant, une réponse, un écho tardif aux Valseuses  : même rapport triangulaire, avec trois comédiens qui auraient du être exactement les mêmes. Je reste fasciné par la trajectoire de Gainsbourg, créateur plutôt timide et introverti, qui s’est fabriqué un personnage de dandy provocateur. Et en bout de course, son personnage a fini par le rattraper et le dévorer.

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